L’Algérie a vécu durant de nombreuses années en proie à des crimes de toutes sortes et à des entorses à la loi commis en toute impunité. Que de vols, que de détournements, que de crimes, que d’injustices commises, depuis au moins les années quatre-vingt où l’on parlait déjà du détournement de 26 milliards de dollars, sans que les auteurs ne soient jugés et punis tel que stipulé par la loi.
Cette succession de crimes immondes restés impunis a fini au fil des années par casser complètement les ressorts de confiance déjà fragiles existant entre le peuple et ses dirigeants. C’est presque admis par tous : en Algérie par le passé, la loi n’est faite que pour le petit peuple. La classe dirigeante qui se trouvait au-dessus des lois, n’a commencé à prendre conscience qu’elle était aussi justiciable qu’à partir de la chute du régime Bouteflika. Jamais en Algérie on a traîné devant les tribunaux autant de hauts responsables qu’en 2019, année où le peuple comme un seul homme a dit: NON au règne de la Issaba !
La corruption et la prédation consacrées comme système de gestion des affaires publiques, transgressions flagrantes et répétitives à la loi par les pontes et les protégés du système ont créé, durant les quarante dernières années, une atmosphère telle que personne ne donne crédit à l’Etat et à ses lois. Du petit fonctionnaire au haut responsable en passant par le simple citoyen personne ne fait fi des lois en vigueur.
En effet, pourquoi respecter une loi quand celle-ci n’est pas respectée par celui-là même qui l’a élaborée ! Alors des citoyens sur le pas des dirigeants piétinaient la loi au vu et au su de tous sans être eux-aussi inquiétés.
Des comportements nocifs et contraires à la citoyenneté et au bon sens commençaient alors à prendre racine partout et chez toutes les classes sociales. Chacun transgresse la loi à sa façon ! Les crimes économiques et écologiques se multipliaient sans qu’ils s’émeuvent personne ! Les homicides et le rapt d’enfants se suivent à un rythme infernal…Tous ces fléaux qui ont pris, notamment de de l’ampleur sous le règne de Bouteflika sont toujours là, parce que le règne de l’impunité n’a pas totalement disparu.
Les récents incendies et le crime odieux de Djamel Bensmail , devenu le symbole de l’innocence sacrifiée sur le bûcher, montre à quelle extrémité l’impunité peut conduire. Si les droits humains étaient respectés, si les lois étaient scrupuleusement appliquées, on n’en serait jamais arrivé là.
Et c’est clair que tant que l’autorité de l’Etat n’est pas totalement réhabilitée, tant que l’impunité n’est pas combattue avec la plus grande énergie, Tant que les responsables ne veillent pas scrupuleusement au respect de la loi, on assistera à d’autres atrocité et d’autres drames encore plus préjudiciables pour le pays.