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Alger

Bruno Retailleau, un « piètre agitateur »

Accentuées par une politique de plus en plus agressive et une proximité croissante avec l’extrême droite, les récentes déclarations des membres du gouvernement d’Emmanuel Macron sur l’Algérie, loin d’apaiser les tensions, ne font qu’envenimer un climat déjà fragile, soulignant l’incohérence d’une diplomatie qui semble se perdre dans des jeux politiques internes tout en sacrifiant les liens historiques avec l’Algérie.

Parallèlement, des voix dissidentes, bien que marginalisées par un environnement médiatique dominé par une ligne gouvernementale unifiée, alertent sur les conséquences dramatiques d’une telle approche.

Le groupe parlementaire du parti La France insoumise ( LFI) a vivement dénoncé les attaques récentes de certains ministres et responsables français contre l’Algérie.

Dans un communiqué, le parti a critiqué une « escalade d’agressivité irresponsable » alimentée notamment par des proches du président Macron, dont le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.

«Certains dirigeants semblent engagés dans une absurde logique de revanche et utilisent un vocabulaire guerrier inacceptable », a indiqué le communiqué, fustigeant la volonté de détérioration des liens entre la France et l’Algérie.

Le parti a appelé à mettre fin à toute posture néocoloniale, affirmant que des relations équilibrées doivent être fondées sur le respect mutuel. Mathilde Panot, une députée française du parti « La France insoumise » (LFI) a vigoureusement dénoncé les provocations de Bruno Retailleau contre l’Algérie, le qualifiant de « piètre agitateur ».

Mathilde Panot s’est indignée du fait que le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, « s’improvise en diplomate avec l’Algérie, mais n’est en finalité qu’un piètre agitateur ».

« Votre ministre de l’Intérieur s’est illustré par ses déclarations racistes en qualifiant une partie de nos concitoyens de Français de papiers », a déploré la présidente du groupe parlementaire « La France insoumise », Mathilde Panot, à l’adresse du Premier ministre François Bayrou, lors du débat sur la politique générale du gouvernement français.

De son côté, Ségolène Royal, ancienne ministre, a exprimé son désaccord, évoquant la « dette morale » de la France envers l’Algérie. Et de rappeler les crimes commis durant la colonisation, soulignant les dégâts causés en raison de l’exploitation des ressources algériennes.

Elle a également mis en lumière le rôle des travailleurs algériens dans le développement économique de la France. « L’avenir se construit en reconnaissant le passé et notre histoire commune douloureuse avec l’Algérie », a-t-elle ajouté, appelant à des relations diplomatiques respectueuses et équilibrées.

Par ailleurs, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, rejoint la meute, en menaçant d’annuler l’accord de 2013 qui permet aux titulaires de passeports diplomatiques algériens de circuler librement en France sans visa.

En vigueur depuis 10 ans, cet accord avait été signé dans un esprit de coopération bilatérale. Cette annonce s’inscrit dans une série de prises de position de plus en plus radicales vis-à-vis d’Alger, dans une France qui semble avoir perdu toute capacité à remettre en question ses propres discours nationalistes et xénophobes.

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L'express quotidien du 27/03/2025

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