De la fatigue, de la tension, une immense peine, affamés, mais un soulagement pour les centaines de milliers de Ghazaouis qui ont vécu l’enfer et les déluges de feu et d’acier, souvent des gaz toxiques durant 15 mois pleins d’une féroce agression militaire sioniste.
Bilan : au moins 46 913 martyrs, selon le ministère de la Santé palestinien qui a fait cette annonce à quelques heures de l’entrée d’un cessez-le-feu arraché entre les forces de la résistance palestinienne, le Hamas, et l’entité sioniste.
Soulagement des Palestiniens, meurtris, gazés, assassinés, torturés, mais debout. Hier, des milliers de Ghazaouis sont sortis dans les rues dévastées de leurs villages célébrer ce cessez-le-feu, espérant la fin de l’agression sioniste, le retour chez eux, en attendant une reconstruction de ce qui a été détruit par l’armée d’occupation au cours de ces mois d’enfer.
Grosso-modo, le cessez-le-feu est entré en vigueur hier dimanche à 9 h 15, quelques heures après l’horaire convenu avec la libération de trois otages femmes remises au CICR à Ghaza, mais qui a été marqué par des raids meurtriers dans l’enclave martyrisée, faisant une dizaine de martyrs.
Tout de suite après l’entrée en vigueur de l’accord, les premiers camions d’aide humanitaire sont entrés dans l’enclave palestinienne, a indiqué un responsable de l’ONU. Selon les termes de l’accord, les hostilités doivent cesser et 33 otages israéliens doivent être libérés dans une première phase étalée sur six semaines.
En échange, l’entité sioniste va libérer 737 prisonniers palestiniens. Hier dimanche, il était question d’une première libération de 90 détenus palestiniens.
Durant la première phase de cet accord, seront négociées les modalités de la deuxième, qui doit permettre la libération des derniers otages.
Cela avant la troisième et dernière étape consacrée à la reconstruction de Ghaza et à la restitution des corps des otages morts en captivité.
Pourtant, ce mécanisme est fragile et peut se bloquer à chaque étape. Quelques heures avant l’entrée en vigueur de cet accord, le Premier ministre de l’entité sioniste avait averti dans un discours télévisé qu’il s’agissait « d’un cessez-le-feu provisoire » et qu’elle se gardait « le droit de reprendre la guerre si besoin et avec le soutien des États-Unis ».
Le ministre sioniste de la Défense a même affirmé, en visitant le point d’accueil préparé pour les otages qui doivent revenir de captivité à Ghaza, qu’Israël « n’arrêtera pas la guerre tant que tous les otages ne seront pas rentrés chez eux ».
Pendant ce temps, des milliers de Palestiniens déplacés par la guerre à Ghaza ont pris la route dimanche pour rentrer chez eux au milieu des destructions.
Des combattants de Hamas cagoulés et armés ont défilé pour leur part à Deir Al-Balah, dans le centre du petit territoire palestinien où la grande majorité des 2,4 millions d’habitants ont été déplacés.
Côté palestinien, par ailleurs, on attendait dimanche soir la libération des 90 prisonniers détenus par l’entité sioniste, comme cela est prévu par l’accord de cessez-le-feu.
Selon un média à Tel Aviv, l’administration pénitentiaire sioniste a commencé à transférer des détenus palestiniens vers la prison d’Ofer, située au nord d’Al Qods occupée, avant leur libération prévue dimanche soir.
Dans le cadre de l’opération « Derech Eretz » de l’administration pénitentiaire sioniste, 90 détenus palestiniens seront libérés, dont 78 en Cisjordanie et 12 à Al Qods occupée.
Avant leur libération, les détenus subiront des contrôles médicaux, ainsi que des contrôles d’identité à la prison d’Ofer. Dès que la confirmation de la libération des trois otages israéliens aura été reçue, les détenus seront transférés à la Croix-Rouge.
Hamas, lui, a déclaré qu’il attendait toujours la liste des détenus palestiniens qui seront libérés dimanche soir, ajoutant que les 90 prisonniers qui devraient être libérés dimanche seraient choisis parmi une liste soumise de 120 femmes et enfants.
Soulagement et attente d’une vraie solution politique
S’il y a manifestement un soulagement dans les capitales arabes et occidentales, il reste que l’horreur de l’agression sioniste contre les Palestiniens dans la bande de Ghaza durant 15 mois ne doit pas rester impunie, ni ignorée de l’opinion publique internationale.
C’est dans ce sens que le Forum des journalistes palestiniens a appelé les médias internationaux à prendre des mesures urgentes pour documenter les crimes sionistes dans la bande de Ghaza.
Dans un communiqué publié dimanche, le Forum a affirmé que « l’absence de couverture médiatique directe représente une soumission au blocus injuste imposé à la réalité de la situation à Ghaza, permettant ainsi à l’occupation de poursuivre ses tentatives de dissimulation de ses crimes contre les civils innocents ».
Il a souligné que « la présence des médias internationaux à Ghaza est essentielle pour garantir la documentation des crimes et violations en temps opportun ». Du côté de Hamas, on estime que le cessez-le-feu est une victoire.
Le responsable des relations politiques et médias du mouvement Hamas au Liban, Abdel Majid el-Awad, a déclaré hier dimanche que l’accord de cessez-le-feu à Ghaza, après 15 mois d’agression sioniste, constituait « une victoire et une grande preuve de force ».
Le responsable de Hamas a indiqué que l’occupation sioniste, « après avoir perdu son prestige (lors de l’opération Déluge d’Al-Aqsa, le 7 octobre 2023), n’a pas pu le regagner malgré une agression génocidaire soutenue par toutes les forces du mal dans le monde’’, a dit le responsable du mouvement palestinien, ajoutant que cet accord de cessez-le-feu marquait « une étape importante dans l’histoire de la lutte du peuple palestinien, c’est une victoire et une grande preuve de force ».
Mais, le bilan de l’agression sioniste contre Ghaza est lourd : depuis le 7 octobre 2023, 56 Palestiniens sont morts en prison, dont Mohamed Yassine Khalil Jaber (22 ans) mort dimanche à quelques heures du cessez-le-feu dans une cellule israélienne, 193 journalistes assassinés et 46913 martyrs dans les bombardements sionistes.
L’Algérie, par ailleurs, qui a été le premier pays arabe et africain à saluer l’accord de cessez-le-feu, avait insisté pour que (cet accord) aille au bout dans son application, avec notamment le « retrait des forces de l’occupation israélienne » des territoires palestiniens occupés et ‘’l’établissement d’un État palestinien indépendant et souverain comme solution juste, durable et définitive au conflit arabo-israélien, et condition sine qua non pour rétablir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région du Moyen-Orient « .